© Vincent Moncorgé/CNRS/Femmes&Sciences

Yasmine NmiliMécatronicienne

Ambassadrice "La Science taille XX elles" édition Paris/Ile-de-France 2025 

 

Yasmine Nmili suit une formation d’ingénieure en alternance et travaille au sein du Laboratoire de Géologie de l'École normale supérieure (ENS-PSL/CNRS). L’occasion de mettre sa passion pour les capteurs au service de la prévention des séismes.

 

Bien qu’elle n’ait pas eu de figure féminine scientifique dans son entourage proche, Yasmine Nmili n’a jamais considéré le fait d’être une fille comme un frein. Enfant, elle passe beaucoup de temps à bricoler avec son père, une habitude qui nourrit très tôt son goût pour la technique, tandis qu’au lycée, des enseignantes l’encouragent à suivre une voie scientifique. 

Attirée par les sciences du vivant et motivée par l’idée d’aider les autres, Yasmine Nmili s’engage d’abord vers la médecine mais la difficulté du concours l’amène à se réorienter. Cette année exigeante est cependant riche d’enseignements pour la jeune femme qui se dirige alors vers un bachelor en mesure physique, avec un objectif clair en tête : concevoir des capteurs innovants, notamment pour des applications médicales.

Reçue à l'École nationale supérieure des mines d'Alès, l’étudiante choisit de suivre sa formation en alternance pour acquérir une expérience professionnelle conséquente. Elle se tourne vers les géosciences au sein du Laboratoire de géologie de l'École nationale supérieure  à Paris qui mène un projet unique en son genre : le développement d’un pressiomètre sous-marin, destiné à suivre les activités volcaniques. Yasmine Nmili s’occupe de la conception de l’instrument, de l’assemblage, des réglages et calibrations, ainsi que du traitement des données. Elle crée également les protocoles de test et réfléchit au choix des matériaux les plus résistants à l’eau de mer. Un vrai défi technique ! Elle travaille également sur l’optoélectronique, un domaine qui combine optique et électronique : il faut s’assurer que la diode laser fonctionne, que le signal est stable et que la transmission reste fiable sur le long terme.

Dans ce projet qui mêle théorie et pratique, Yasmine Nmili apprécie le temps qu’elle peut consacrer à chaque étape, même si les échéances sont bien réelles : une mission est prévue en 2026 pour immerger le capteur, qui restera en place quelques années. Peut-être sera-t-elle alors devenue chercheuse ? Si elle laisse l’avenir ouvert, elle n’exclut pas cette possibilité. Une chose est sûre : elle continuera à créer des dispositifs scientifiques qui, peut-être un jour, sauveront des vies.