Chez la plante Arabidopsis thaliana, en plus d'une réorganisation drastique de l’architecture nucléaire, le développement post-germinatif nécessite une reprogrammation massive de l'expression du génome nucléaire conduisant, parmi de multiples fonctions, à la biogenèse des chloroplastes et l'acquisition de la photo-autotrophie. Les liens entre biogenèse des organites et expression des gènes nucléaires ont été largement étudiés chez les plantes (au niveau des plastes) et chez les animaux (au niveau des mitochondries). Mes travaux récents ont permis d'identifier que des signaux, appelés rétrogrades, provenant de ces organites d’origine endosymbiotique sont capables d'influencer l’architecture 3D de la chromatineStructure composée de protéines histones, d’ADN et parfois d'ARN ou d'autres protéines associées qui empaquète et organise les longues molécules d’ADN génomiques (les chromosomes) dans le noyau. et du noyau cellulaire par un processus encore inconnu. Sur la base d'une série d'analyses complémentaires faites chez la plante modèle Arabidopsis thaliana, je propose d'explorer, grâce au financement ANR JCJC PlastoNuc, ce mécanisme complètement ignoré de réorganisation de l'architecture chromatinienne en réponse au statut fonctionnel des plastes. En combinant des stratégies d'imagerie, de génétique, de génomique fonctionnelle et de métabolomique, je propose d’identifier les voies de signalisation des chloroplastes vers la chromatine et leur importance dans la reprogrammation transcriptionnelle et le développement post-embryonnaire. Les résultats de ces recherches, en montrant une nouvelle manière par laquelle les chloroplastes et la lumière contrôlent le développement des plantes, permettront de mieux anticiper les effets du changement climatique sur la diversité des plantes sauvages et le rendement des plantes cultivées, notamment via l'augmentation de la température, des sécheresses et du CO2 atmosphérique, qui impacte directement l'activité photosynthétique.