Huasheng ShaoChargé de recherche au CNRS au Laboratoire de physique théorique et hautes énergies (LPTHE)
Physicien des particules, Huasheng Shao développe des méthodes de calcul et des codes numériques pour interpréter les données des grandes expériences menées au Large Hadron Collider (LHC) du CERN. Chargé de recherche au CNRS au Laboratoire de physique théorique et hautes énergies (LPTHE), à Paris, il travaille à améliorer la précision des prédictions du modèle standard de la physique des particules, en particulier pour des processus complexes comme la production de paires de bosons de Higgs.
Il s’intéresse également aux quarkoniums, des systèmes formés de paires de quarks lourds liés par l’interaction forte. Ces objets constituent des sondes idéales pour explorer certaines échelles d’énergie intermédiaires difficiles d’accès. Avec ses travaux, Huasheng Shao contribue à tirer pleinement parti des données du LHC et à tester les limites du modèle standard.
Huasheng Shao est entré au CNRS en 2017, après un doctorat à l’Université de Pékin et un postdoctorat au CERN. Physicien des particules, il travaille à l’interface entre théorie et expérience. Son rôle : fournir aux expérimentateurs des prédictions aussi précises que possible, afin de comparer leurs mesures aux attentes du modèle standard. « Les mesures sont complexes, et il n’est pas toujours évident d’en tirer des conclusions rapidement », constate le chercheur. D’où la nécessité de disposer de calculs théoriques fiables pour guider leur analyse.
Une part importante de ses travaux porte sur le boson de Higgs, découvert au LHC en 2012. Si son existence est désormais établie, certaines de ses propriétés restent mal connues, en particulier la manière dont il confère aux particules leur masse. Pour le comprendre, les physiciens étudient notamment la production de paires de bosons de Higgs, un processus rare et particulièrement difficile à décrire. Huasheng Shao contribue à en améliorer les prédictions théoriques en développant des calculs d’une grande complexité, atteignant aujourd’hui un niveau de précision parmi les plus élevés.
Il s’intéresse également aux quarkoniums, des systèmes formés de paires de quarks lourds. Leur mode de production dans les collisions reste encore mal compris. « On ne dispose pas d’une description théorique capable de rendre compte de l’ensemble des mesures faites sur ces quarks », souligne-t-il. Objets composites parmi les plus simples de la physique des particules, les quarkoniums constituent aussi des sondes précieuses pour explorer certaines échelles d’énergie intermédiaires, difficiles d’accès par d’autres voies. Ils constituent ainsi de véritables outils pour sonder l’interaction forte et mieux comprendre la structure de la matière. L’enjeu de ses travaux est donc d’améliorer les calculs pour réduire les écarts entre théorie et expérience, tout en développant là encore des outils permettant aux expérimentateurs d’interpréter leurs données. Cette exigence de précision est aujourd’hui l’une des conditions indispensables pour que la physique des particules continue d’avancer.