Marwan RashedProfesseur de philosophie à Sorbonne Université, directeur du Centre Léon Robin de recherches sur la pensée antique
Marwan Rashed est professeur de philosophie à Sorbonne Université, directeur du Centre Léon Robin de recherches sur la pensée antique (UMR 8061, CNRS / Sorbonne Université) et membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Historien de la philosophie, il est l’auteur de nombreux livres et articles couvrant deux millénaires de production écrite, des présocratiques grecs (vers 500 av. J.-C.) à la philosophie arabe (VIIIe-XIIIe siècles). Ses thèmes de prédilection sont la logique, la physique, la cosmologie et la métaphysique. Il a découvert de nombreux textes anciens que l’on croyait perdus, consignés pour partie dans L’Héritage Aristotélicien. Textes Inédits de l’Antiquité (Les Belles Lettres, Paris, 2016).
Marwan Rashed a été recruté en 2013 comme professeur d’histoire de la philosophie grecque à Sorbonne Université, où il a également créé un parcours d’histoire de la philosophie arabe. Il combine la philologie des textes anciens et l’analyse épistémologique qui s’intéresse aux structures philosophiques dans leur cohérence interne et leur interaction avec d’autres systèmes de pensée, théologiques et scientifiques en particulier.
La pratique de la « longue durée » telle que la conçoit Marwan Rashed ne s’arrête pas aux limites temporelles dictées par la succession des empires. « La prise en compte conjointe du grec et de l’arabe n’a pas uniquement vocation à exhumer des bribes du savoir antique conservées en arabe. C’est l’évolution des doctrines dans le temps long qui m’intéresse ».
On lui doit la notion d’« aristotélisme possible » selon laquelle les commentateurs développent, au cours des siècles, des potentialités inhérentes aux écrits d’Aristote, entre lesquelles celui-ci n’avait pas vraiment les moyens de trancher. « Par leur conscience accrue des enjeux systémiques, les commentateurs — du moins les plus profonds — font bien plus qu’éclaircir le texte qu’ils commentent. Ils montrent surtout à quelles conditions, qui ne vont pas sans renoncements ni réorganisations logico-théoriques, les textes fondateurs sont des paradigmes doctrinaux ».
Marwan Rashed ne dédaigne pas le débat public. Il a ainsi insisté sur la nécessité de prendre en compte le legs de la philosophie et des sciences arabes pour une généalogie informée et rigoureuse de la rationalité européenne.