Adrien Bourdin, l’ingénieur transfert qui rapproche la recherche du monde socio-économique
Rencontré dans les allées animées de VivaTech, Adrien Bourdin incarne une nouvelle génération de professionnels hybrides, à la croisée des laboratoires et des entreprises. Son métier ? Créer des ponts entre la recherche publique et le monde économique, pour que les avancées des laboratoires puissent se matérialiser dans les entreprises et la société.
Un parcours au service de l’innovation collaborative
Adrien Bourdin est ingénieur transfert à la délégation CNRS Paris-Centre. Son rôle : favoriser les partenariats de recherche entre les laboratoires publics et les entreprises, institutions ou associations. Un métier récent, né il y a seulement quatre ans avec le programme Ingénieur Transfert et qui reflète une volonté de proposer à la recherche de nouveaux relais et de nouveaux moyens d'agir.
Son parcours est porté par une double passion : les sciences cognitives et l’innovation. Diplômé de l’ENSC de Bordeaux où il a suivi une formation d’ingénieur en sciences de l'information et en sciences cognitives appliquées, il a rapidement été attiré par l’interface entre recherche et monde économique. Sa première expérience à l’Institut Carnot Cognition lui a permis de découvrir les rouages de la recherche partenariale : négociation de collaborations, veille stratégique, organisation d’événements… Une immersion qui l’a convaincu de poursuivre dans cette voie.
Depuis plus d’un an, il exerce au sein de la délégation Paris-Centre, où il travaille sur des thématiques aussi variées que l’intelligence artificielle, les mathématiques, l’informatique et les sciences cognitives, des domaines au cœur des enjeux économiques et sociaux actuels.
Un métier entre médiation et développement
Au quotidien, Adrien Bourdin joue un rôle de facilitateur. D’un côté, il rencontre les chercheurs pour comprendre leurs expertises et leurs besoins, et les aider à identifier des partenaires potentiels. De l’autre, il écoute les entreprises pour traduire leurs attentes en opportunités de collaboration avec les laboratoires. Son objectif : faire entrer les entreprises dans les labos, en offrant à la recherche de nouveaux terrains d'application et les moyens de les explorer.
« Mon métier, c’est faire le lien entre deux mondes qui ont tout à gagner à se connecter. »
En synergie avec des profils comme celui de Blandine Pommier, ingénieure innovation, qui accompagne les chercheurs dans la valorisation de leurs travaux à fort impact sociétal, Adrien Bourdin se concentre sur l’intégration des partenaires industriels dans les projets scientifiques. « Je crée les collaborations entre chercheurs et industriels là où elles n'existent pas encore ; Blandine, de son côté, accompagne la transformation des résultats de recherche en projets à impact. »
Une complémentarité qui illustre la diversité des voies pour valoriser la recherche publique.
CyberCog : un hackathon dédié à la sécurité cognitive
Parmi ses réalisations récentes, Adrien Bourdin est particulièrement fier de CyberCog, un hackathon dédié à la sécurité cognitive, qu’il pilote depuis son arrivée au CNRS. Cet événement inédit en France et en Europe réunira, en 2027, des doctorants en sciences cognitives, en traitement du langage et de l’image, ainsi que des acteurs industriels, pour travailler sur des enjeux cruciaux comme la fraude bancaire ou la guerre informationnelle.
« C’est un projet qui me tient à cœur, car il incarne parfaitement ma mission : créer des synergies entre la recherche académique et les besoins concrets du monde socio-économique. »
Le financement est réuni, le comité scientifique en place, et l’événement promet d’être un laboratoire d’idées pour des solutions innovantes.
Un métier rare, au service du bien commun
Ce qui anime Adrien Bourdin au quotidien ? L’idée de travailler pour l’intérêt général, tout en expérimentant des formats innovants pour remplir sa mission. « C’est un métier de développement commercial, au bénéfice du service public. C’est assez rare, et c’est ce qui le rend passionnant. »
Il souligne aussi la confiance accordée au sein de la délégation Paris-Centre, qui lui laisse la latitude de tester de nouveaux formats. « Le métier étant récent, on a la possibilité d’innover dans nos méthodes. »
Pour lui, l'avenir de la recherche se joue dans son ouverture aux entreprises et à la société : plus elle s'y engage, plus elle gagne en portée. « Dans les projets que je vois passer, le fondamental et l'appliqué se nourrissent de plus en plus l'un l’autre, et chacun y gagne. »
VivaTech : un terrain de jeu idéal
Présent à VivaTech, Adrien Bourdin y voit une opportunité unique de rencontrer des acteurs de la tech et de nourrir son réseau. « C’est la grande messe de la technologie en Europe. Un lieu idéal pour identifier de nouveaux partenaires et montrer que la recherche publique est au cœur de l’écosystème innovant. »
Un portrait qui montre qu’innovation et recherche publique vont de pair.